Quand on parle de crédibilité...
Messieurs,
Crédibilité veut dire mesure dans la pensée et dans l'action. Crédibilité veut dire tenir compte des autres, ceux et celles qui ne sont pas directement impliqués et qui posent des questions inquiétantes. Crédibilité veut dire discernement entre opinion et certitude, entre essentiel et accessoire, entre contingent et nécessaire, entre temporaire et permanent, entre la fin et les moyens.
Ce qu'on veut, c'est être cru, ce qui n'est pas la même chose que crâner pour avoir raison.
La crédibilité se construit à partir de la présence et du discernement.
Il n'y a ni théorie ni idéologie en matière de crédibilité.
Plus on est capable de discernement, plus on devient crédible. Celà n'arrive pas d'un coup. La crédibilité exige compétence, intégrité et oblativité, ce qui veut dire être capable de se sacrifier et non chercher à tout prendre, tout accaparer, tout avoir d'un seul coup, sans tenir compte des autres, y compris ceux et celles qui ne sont pas impliqués et qui ont peur.
Le but: inspirer confiance. Plus la crédibilité sera élevée, plus il y aura de monde pour servir la cause. Celà n'arrive pas d'un coup, comme par magie, mais petit à petit et les échecs sont nombreux.
On est crédible parce qu'on inspire confiance et non parce qu'on fait peur.
La crédibilité est nécessaire au maintien du moral et le moral obéit à des mécanismes intangibles.
Le moral est comme le courant électrique nécessaire au fonctionnement d'un appareil sophistiqué. Sans courant, le meilleur ordinateur du monde, le moteur le plus perfectionné, l'ampoule la plus sophistiquée, ne fonctionnent pas.
Et pourtant, le courant demeure invisible. De même pour le moral qui est une grande force mais demeure invisible.
De même pour la crédibilité qui ne se voit pas mais qui est là ou qui n'est pas là.
Très simple mais pas facile.
La crédibilité exige une authentique discipline et la discipline est comme cette jeune femme qui a pris la décision de gagner le marathon aux olympiques. Elle commence par s'informer et prendre conscience des exigences. Puis elle commence l'entraînement. Peu après, elle réalise qu'elle a tout faux et doit recommencer à neuf, ce qu'elle devra répéter à maintes reprises par la suite. Il lui faudra des années de travail, de détermination et de patience, mais elle ne laisse pas tomber. Elle entre dans les compétitions et subit des échecs répétés. Elle reommence et tient compte des règles et principes qu'elle ne connaissait pas auparavant et qu'elle doit intégrer à tout le reste, y compris sa vie de tous les jours.Des années plus tard, entre huit et douze ans, elle se présente à la compétition et gagne le plus naturellement du monde. La foule qui la regarde croit qu'elle le fait sans effort.
Elle est heureuse d'avoir gagné et comprend que ce qu'elle a gagné en premier lieu, c'est une victoire sur elle-même, qui a exigé beaucoup de temps et de patience, sans précipitation aucune. En se précipitant, elle aurait subi un échec majeur et peut-être définitif.
Elle a pris conscience de ce proverbe arable qui dit: Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui.
Crédibilité et discipline vont ensemble et exigent une victoire sur nous-mêmes, sur nos affects et nos introjects, dont nous devons nous défaire comme autant d'obstacles majeurs dressés sur notre route. Ces obstacles sont plus importants que l'ennemi extérieur, souvent insignifiant mais à qui nous accordons trop d'importance.
Celà vaut également pour les peuplades qui veulent devenir peuples, les peuples qui veulent devenir nations et les nations qui veulent devenir États.
JRMS
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